Les eaux, les forêts, les hommes d’Amazonie s’organisent en deux ensembles majeurs : les milieux alluviaux et les milieux interfluviaux.
La variation spatiale des unités physiographiques est perceptible différemment selon l’échelle d’observation, et s’effectue selon deux gradients :
Un gradient linéaire affecte les cours d’eau et leurs berges de l’amont vers l’aval, à l’instar des cours d’eau des régions tempérées (concept de continuum fluvial ),
et un gradient aréolaire se manifeste depuis les berges vers l’intérieur des terres (concept de littoral mobile ).
Deux types de mosaïques forestières structurent les forêts amazoniennes dans l’espace horizontal, chaque ensemble étant soumis à l’influence de processus opposés.
Le développement de la forêt interfluviale dépend essentiellement de facteurs biotiques, et elle est constituée d’une mosaïque d’unités proportionnelles aux mailles de la régénération forstière (chablis).
Les forêts alluviales sont, elles, soumises aux contraintes abiotiques d’ordre sédimentaire et hydrique, responsables de son organisation dans l’espace : la mosaïque forestière est dans ce cas proportionnelle aux dimensions des microreliefs résultant de la dynamique alluviale.
Dans la perspective contemporaine d’une exploitation irraisonnée de l’Amazonie, l’homme voudrait ignorer les contraintes physiques des milieux, et l’adéquation traditionnelle entre l’organisation de ses activités et les ensembles physiques s’altère, mettant gravement en cause la survie de l’Amazonie elle-même : sa richesse biologique, mais aussi sa diversité culturelle.
Mots-clefs : Amazonie, biodiversité, forêts inondées, forêt tropicale dense, développement durable, continuum fluvial, littoral mobile, várzea, terra firme, altura, bajo