1. Echinochloa polystachya (HBK) Hitchcock var. spectabilis (Poaceae)

Gramalote (Pérou), Canarana fluvial, Capim (Brésil)
mardi 25 juillet 2006.
 

From : Essai d’interprétation dynamique des végétations en milieu tropical inondable. La plaine alluviale de Haute Amazonie. Sandrine LAMOTTE, 1992. Doctorate Thesis, Biogeography, Univ. Sciences Montpellier (France), 423 p. + annexes - Index (publ. IRD, 1993, coll. Travaux & Documents microédités n° 104 - ISBN 2-7099-1165-5) THE BOOK IS AVAILABLE AT THE IRD DOCUMENTATION DEPARTMENT - http://www.ird.fr

Synonymes : Oplismenus polystachus H.B.K. - Panicum spectabile Nees - Echinochloa spectabilis (Nees) Link - Panicum crus-galli Duss


-  Herbe pérenne dont les chaumes peuvent atteindre 10 m de longueur.
-  La partie dressée du chaume est de 1 à 2 m de hauteur aux basses eaux, le reste est radicant.
-  Les noeuds portent des poils piquants. L’espèce se caractérise notamment par une ligule constituée de poils jaunes et raides.
-  Les feuilles sont linéaires, de 1 à 3 cm de large et 45 à 50 cm de long, la face supérieure est rugueuse, la face inférieure glabre, les bords finement dentés.
-  L’inflorescence, en panicule dense, est terminale, de 25 à 30 cm de longueur. La floraison a lieu au début de la période des hautes eaux en janvier (photo)

Fleur - Echinochloa polystachya (janvier) - 28.2 ko
Fleur - Echinochloa polystachya (janvier)

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-  La période végétative a lieu principalement pendant la crue. La tige s’allonge au fur et à mesure que le niveau de l’eau monte : jusqu’à 20 cm par jour (Junk 1984), de sorte que l’extrémité se trouve la plupart du temps hors de l’eau. Une fois que la floraison a eu lieu, la croissance s’arrête, et les plantes prennent une couleur jaunâtre.
-  La moelle est blanche et spongieuse.
-  Les entrenoeuds produits pendant la croissance immergée sont renflés, rougeâtres, et renferment des tissus aérenchymateux assurant la flottaison (Junk 1970).
-  L’enracinement est superficiel, assuré par des racines fasciculées émises au niveau des noeuds en contact avec le sol (photo).

Echinochloa polystachya. Croissance radicante en espace libre (culture de haricot). Racines fasciculées émises à partir des noeuds. - 52.7 ko
Echinochloa polystachya. Croissance radicante en espace libre (culture de haricot). Racines fasciculées émises à partir des noeuds.

Utilisation

La plante constitue un fourrage de bonne qualité pour les bovins (vaches, zébus, buffles d’eau). La moelle séchée est utilisée dans la fabrication d’ornements et de jouets. Les graines seraient comestibles, d’après certaines sources (voir Black 1950, cité par Junk 1970).

Aire de répartition

Amérique tropicale, du Mexique jusqu’en Argentine. Caractéristique du bas Ucayali, et du Haut Amazone et de ses affluents (Huber 1901).

Mode de colonisation

Echinochloa polystachya est "une des premières plantes qui apparaisse sur les plages et qui couvre les berges argileuses et inondées pendant les crues, sur de longues étendues " (Huber 1901) (photo)

(JPG)
Echinochloa polystachya. Début de colonisation d’une plage basse

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La reproduction végétative est le mode prédominant de multiplication de l’espèce. Les jeunes plants se développent principalement à partir de morceaux de tiges, parfois déjà altérés. Nous avons vu que la dispersion des graines était aussi probablement assurée par les oiseaux.

La croissance végétative de E. Polystachya se caractérise par deux phases distinctes :
-  une phase de croissance à partir de nouveaux enracinements pendant la saison sèche
-  et une phase d’allongement au cours de la montée des eaux.

Lorsque l’eau baisse, les tiges s’affaissent et s’amoncèlent, constituant un tapis épais et élastique, qui se déssèche et meurt partiellement (photo). Certaines tiges s’enracinent au niveau des noeuds et des faisceaux de nouvelles tiges se développent jusqu’à 2 m de hauteur, pendant la nouvelle période végétative de saison "sèche" (décrue) (Junk 1970).

L’espèce n’existe pas dans les lacs où le niveau de l’eau est constant. Elle présente donc une dépendance directe à l’égard de ses fluctuations, et nécessite une période de sécheresse pour son développement (Junk 1970).

From : Essai d’interprétation dynamique des végétations en milieu tropical inondable. La plaine alluviale de Haute Amazonie. Sandrine LAMOTTE, 1992. Doctorate Thesis, Biogeography, Univ. Sciences Montpellier (France), 423 p. + annexes - Index (publ. IRD, 1993, coll. Travaux & Documents microédités n° 104 - ISBN 2-7099-1165-5) THE BOOK IS AVAILABLE AT THE IRD DOCUMENTATION DEPARTMENT - http://www.ird.fr
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