Thèse de Doctorat, Université des Sciences Montpellier II, soutenue le 26 octobre 1992, à l’Institut de Botanique de Montpellier. Jury : Hilgard O’Reilly Sternberg (Univ. Berkeley), Gabriel Rougerie (Univ. paris VII), Michel Godron (Univ. Montpellier II), Francis Hallé (Univ. Montpellier II), Jean-Louis Guillaumet (IRD) (Mention TH avec félicitations unanimes). Publiée IRD (Institut de Recherche pour le Développement) 1993, Coll. TDM n° 104, 443 p.
Ce travail a pu être réalisé grâce au soutien de l’Instituto de Investigaciones de la Amazonía Peruana (Iquitos, Pérou), du Ministère français de la Recherche et de la Technologie, et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).
Résumé
Les terres agricoles les plus productives d’Amazonie se situent dans la plaine alluviale de l’Amazone et de ses affluents chargés en sédiments.
L’étude géomorphologique et botanique de la plaine de haute Amazonie montre comment les mécanismes fondamentaux de la dynamique fluviale conditionnent le développement des végétations forestières et herbacées, leur structure verticale et horizontale, ainsi que leur composition spécifique et leur dynamique.
Le déroulement des successions est subordonné aux conditions écologiques prévalant sur chaque unité géomorphologique : durée d’inondation, qualité du drainage, proximité des chenaux, dissémination des graines par l’eau.
Le statut des espèces dans les successions, le rôle de l’eau en tant qu’agent disséminateur, l’origine de la flore ripicole, l’adaptation particulière des Moraceae sont discutés. Les Moraceae, Annonaceae et Légumineuses sont les familles les plus représentées dans la forêt ripicole.
Les termes spécifiques aux plaines alluviales sont révisés dans trois langues (anglais, espagnol, français). Une définition de la várzea et de l’igapó est proposée.
La sensibilité des milieux à la durée, la fréquence et la périodicité des inondations, permet de prévoir des perburbations graves en cas de changement brutal de la dynamique fluviale. Si les activités humaines entraînent une amplification de la courbe des crues, l’aggravation des inondations entraînerait immédiatement l’invasion des sols fragiles d’interfluves à des fins agricoles. Les conséquences seraient destructrices et irrémédiables en raison de la pression démographique croissante. La plaine alluviale est le milieu nourricier de l’homme amazonien. De sa préservation dépend aussi la survie des forêts interfluviales.
Mots-clefs : Amazonie occidentale, Ecologie forestière, Phytogéographie, Ecosystèmes inondables, Plaines alluviales, Dynamique fluviale, Systèmes fluviaux, Biodiversité, Structure forestière, Climax, Successions, Adaptation des plantes, Environnement, Terres agricoles, Conservation des ressources