La Biogéographie [de bios = vie, geos = Terre, et graphein : écrire, dessiner], géographie du vivant, peut s’entendre dans un sens restrictif et se limiter à
la phytogéographie : c’est une géographie des végétaux
la zoogéographie : géographie des animaux.
C’est l’option retenue par les sciences de la Nature.
La Biogéographie, géographie du vivant au sens large, est avant tout une "Géographie de la Biosphère" (Rougerie Gabriel. Géographie de la Biosphère. A. Colin Ed., 1988).
Il s’agit de l’étude des répartitions spatiales des phénomènes de vie. Qui parle de vie, parle de mouvement, d’évolution, de dynamique, de rythme et d’échelle temporelle.
Et si la géographie constitue un pont épistémologique entre la Nature et l’Homme, alors la géographie du vivant, la Biogéographie au sens le plus large, s’attache à "la prise en compte des interrelations entre les groupes humains et leurs milieux de vie" (Rougerie, op.cit.).
Ainsi conçue, la Biogéographie est par excellence une discipline géographique, s’attachant à l’étude du milieu physique ET à celle des groupes humains dont elle étudie la répartition et les activités.
L’approche des interrelations entre l’homme et ses milieux de vie se fait de façon privilégiée à travers le PAYSAGE, envisageable à toute échelle, de l’échelle globale au niveau d’observation local.
A l’échelle du globe, les PAYSAGES VEGETAUX NATURELS sont l’émanation
des circonstances passées de l’histoire de la Terre (mouvements de l’écorce, évolution des êtres vivants)
de la géographie actuelle des terres émergées
des conditions présentes du développement des plantes elles-mêmes (sols, climats)
A diverses échelles, les interrelations, par les échanges de matières et d’énergie, entre les éléments du milieu naturel (roche, sol, biocoenoses, air et eau), se font dans le cadre de systèmes naturels que les géographes ont dénommés GEOSYSTEMES (Rougerie G. Géosystèmes et Paysages. Bilan et méthodes. A. Colin ed., 1991).
De la forêt tropicale dense aux déserts froids, une vision d’ensemble des grands paysages végétaux de la planète donne un aperçu de la VARIETE DES MANIFESTATIONS DE LA VIE SUR LE GLOBE.
La mise en relation des perturbations méridiennes de la zonalité affectant les paysages végétaux, avec les irrégularités géographiqes du climat, permet d’appréhender la vie d’ensemble du globe, et comment la vie humaine, via celle des végétaux et des animaux, dépend de phénomènes fondamentaux situés bien en amont des hommes.
La variation de la saisonnalité avec la latitude, l’opposition thermique entre les régions équatoriales et les hautes latitudes, les contrastes rythmiques qui marquent les régions (conditions climatiques, saisons), le clivage entre déserts et zones humides, entre basses et hautes altitudes... dressent un canevas d’ensemble de la DIVERSITE DES MILIEUX OU LA VIE S’EPANOUIT, c’est-à-dire pratiquement l’intégralité de la surface du globe.
Reliés à la répartition des hommes et de leurs modes de vie, ces éléments d’ensemble permettent de mesurer la DIVERSITE DES MANIFESTATIONS DE LA VIE EXPRIMEE SUR LE GLOBE, AINSI QUE LA DISTANCE QUI NOUS SEPARE DE NOMBREUSES SOCIETES.