Les arbustes pionniers (Cecropia spp.)

Dernier ajout : lundi 7 août 2006.

Source. Essai d’interprétation dynamique des végétations en milieu tropical inondable. Sandrine LAMOTTE. Publ. IRD, 1993, 423 p. ISBN - 2-7099-1165-5

Cecropia membranacea Trécul et Cecropia latiloba Miquel (Moraceae / Cecropiaceae) sont deux espèces ligneuses pionnières au sens défini par Sanoja (1985) :

-  héliophilie tout au long de la croissance,
-  nombreuses graines,
-  ramification précoce,
-  pas de réitération adaptative au cours de la réalisation du modèle de croissance,
-  tissus peu durables et légers,
-  système racinaire superficiel,
-  sexualité précoce,
-  bonne aptitude à la réitération traumatique.

Dynamique successionnelle

Cecropia membranacea constitue un stade ligneux pionnier, après le stade graminéen à Gynerium sagittatum, dans la succession de végétation des levées. dans la plaine alluviale amazonienne. Il s’implante grâce à l’évolution des conditions microclimatiques et édaphiques induites par la présente de Gynerium sagittatum.

-  C. membranacea s’inscrit clairement dans une succession d’espèces, dépendant de conditions édaphiques peu contraignantes assurées par un substrat sablo-limoneux bien drainé et peu inondé.

-  Cecropia labiloba colonise les dépressions basses et argileuses, au-dessus d’un certain seuil dans la durée d’inondation. Contrairement à C. membranacea, le succès de son installation est tributaire du rehaussement de la surface du sol, qui peut être extrêmement limité dans les zones éloignées du passage des eaux chargées en sédiments, et non du développement du stade graminéen qui le précède dans la succession. L’installation de C. latiloba est donc subordonnée à l’évolution des conditions géomorphologiques, qui peut être très lente, et non à la modification des conditions écologiques induites par la végétation elle-même. Si les conditions géomorphologiques n’évoluent pas suffisamment pour permettre l’arrivée d’autre espèces, C. latiloba se régénère, ce qui est en contradiction avec son statut d’arbuste pionnier. Le développement de la végétation est ici fortement soumis aux contraintes abiotiques qui caractérisent les zones colonisées par cette espèce (sols argileux à drainage déficient, inondation annuelle et prolongée, taux de sédimentation faibles), ce qui entrave l’expression d’une dynamique successionnelle.

Le taux de croissance rapide qui suit la germination permet aux feuilles des Cecropia d’être rapidement hors de porté de la nappe d’eau lors de l’inondation suivante. Si le système racinaire suit une courbe de croissance similaire, cela permettrait aux plantes d’assurer un ancrage suffisant pendant le même temps.

Les systèmes racinaires de ces deux Cecropia se construire de façon similaire par le développement d’un pivot, suivi par l’émission de racines plagiotropes, puis celle de racines adventives.

Ce schéma correspond également au mode de développement du système racinaire de Cecropia obtusa (Atger 1992). L’interruption de croissance du pivot de C. latiloba observée pourrait être due à l’occurrence de conditions anaérobies plusieurs mois par an.

Source. Essai d’interprétation dynamique des végétations en milieu tropical inondable. Sandrine LAMOTTE. Publ. IRD, 1993, 423 p. ISBN - 2-7099-1165-5


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