Les arbres

Dernier ajout : mardi 11 décembre 2007.

Source. Essai d’interprétation dynamique des végétations en milieu tropical inondable. Sandrine LAMOTTE. Publ. IRD, 1993, 423 p. ISBN - 2-7099-1165-5

Les quatre espèces arborescentes dont il est question ici ont plusieurs points communs, dans leur ensemble, et prises deux à deux.

’Ficus insipida’ se rapproche physionomiquement de ’Maquira coriacea’, tandis que ’Calycophylum spruceanum’ se rapproche de ’Pseudobombax munguba’.

Chacune de ces quatre espèces répond à des conditions écologiques particulières, et s’apparente plus ou moins au statut de pionnier, de post-pionnier, voire d’émergent, selon les conditions écologiques locales dans lesquelles elle s’implante.

-  Du point de vue de la structure de leurs populations, elles ont un comportement grégaire ou dispersé, selon le milieu dans lequel on les rencontre.

-  ’Ficus insipida’ et ’Maquira coriacea’ présentent des affinités avec la végétation des levées occasionnellement inondées, mais se rencontrent en populations denses dans des conditions d’inondation plus marquée. Leurs graines sont dispersées par des oiseaux et des chauves-souris. Les houppiers des arbres arrivés à maturité sont caractérisés par leur forme en cône renversé. ’Pseudobombax munguba’ s’observe isolément dans les zones basses, à la limite de survie des végétations ligneuses, et constitue des populations denses dans des zones légèrement plus élevées.

-  ’Calycophyllum spruceanum’ est intermédiaire entre les deux premières espèces et la troisième sur le gradient d’inondation. D’affinité marquée avec les végétations des levées, où les individus sont parfois isolés, elle constitue des populations denses dans des zones plus longuement inondées, mais bénéficiant d’un bon drainage.

-  ’P. Munguba’ et ’C. Spruceanum’ sont dispersés par le vent, et leurs houppiers gardent tout au long de leur vie une forme globuleuse. Leurs tissus sont résistants à la flexion, et leur bois est dur.

Ces quatre espèces d’arbres atteignent des hauteurs élevées, comme on peut l’observer chez des individus isolés : il s’agit alors d’émergents. Ils peuvent être le résultat soit d’une germination isolée, soit d’une sélection sévère au sein d’une population ancienne, dont la plupart des membres auraient disparu à un stade de développement relativement peu avancé, laissant progressivement la place à une forêt de plus en plus diversifiée.

Leurs systèmes racinaires se ressemblent également deux à deux : à contreforts et superficiels pour les deux espèces proches des végétations de levées (’F. insipida’ et ’M. coriacea’), pivotants et profonds pour les deux espèces plus tolérantes à l’inondation ( ’C. spruceanum’ et ’P. munguba).

Ces caractères morphologiques ainsi que leur comportement les rapprochent deux à deux, et correspondent à des exigences écologiques distinctes.


Articles de cette rubrique

’Ficus insipida’ Wildbread ’sp. insipida’ (Moraceae)

mardi 11 décembre 2007 par Sandrine LAMOTTE